Portrait métier : Arnold TIIHIVA, une vie déjà bien remplie!

Arnold TIIHIVA

La vie d’Arnold a pris un tournant décisif le jour où un ingénieur d’EDT est venu dans sa classe du lycée du Taaone pour présenter la formation en apprentissage. « C’était l’année de mon BAC en 2010, il y avait 12 places à prendre pour toute la Polynésie et 50 lycéens se sont inscrits. Je me suis mis à réviser à fond pour avoir cette formation et j’ai été le seul reçu pour le lycée du Taaone. J’ai eu de la chance ! ».

Évidemment, la chance n’est pas la seule à avoir guidé Arnold… Il avait depuis longtemps envie de réussir : « Quand j’ai quitté mon île de Huahine en 1991, je savais qu’il me faudrait travailler dur, mais j’avais un atout : j’avais envie d’apprendre. »

Après 9 mois de formation comme monteur électrique, il a pu se familiariser avec les moteurs et même travailler avec les équipes qui changent les câbles au bord de route. À l’issue de cette formation – avec une très bonne note – Arnold, qui veut rentrer au plus vite dans la vie active, est engagé à Moorea à l’usine de Jus de fruits pour la maintenance des machines.

En 2012, il apprend que, pour la première fois, une formation en alternance BTS est lancée par EDT. Arnold se met à rêver : « Finalement, je regrettais de ne pas avoir continué mes études car, non seulement EDT proposait cette formation en France, mais les étudiants étaient rémunérés !». Là encore le travail paye. Arnold est accepté avec 5 autres Polynésiens ; il rejoind 6 Calédoniens et 3 Réunionnais et l’aventure commence à Paris : « J’ai fait mon premier stage au siège de ENGIE à la Défense, qui s’est transformé en CDD de 2 mois. Et dès le 1er mois, ils m’ont passé en CDI ».

La première mission d’Arnold au sein de ENGIE se déroule au Palais de Justice au cœur de Paris. Pendant deux ans il fait partie de l’équipe de 5 techniciens chargés de la maintenance, des machines, des installations électriques et du son.  « J’étais heureux, les relations étaient bonnes entre nous. Les magistrats quand ils apprenaient que je venais de Polynésie, me posaient des questions. » C’est pendant cette période qu’Arnold reçoit en stage des étudiants tahitiens de la 2e promo de formation en alternance BTS. Le soir dans la semaine, il répète avec un groupe de Hakka et se produit régulièrement dans des manifestations culturelles. Le week-end il va chez sa sœur à Orléans ; il y rencontre une jeune étudiante tahitienne qui devient sa compagne et tombe enceinte… Est-ce à ce moment que la nostalgie du Fenua lui est venue ?

« Quand j’ai vu l’annonce sur la page Facebook d’EDT pour le recrutement des 10 mécaniciens de la Punaruu, je me suis dit que ce serait une nouvelle expérience de travailler sur de gros moteurs ». Le bébé naît en France, mais il grandira à Tahiti car Arnold est recruté.

Parmi les 10 jeunes, Arnold fait partie des 5 chefs de quart débutants formés pendant 16 mois par les chefs de quart qui partiront à la retraite à l’issue de cette période : « Il y a une bonne entente entre nous, c’est une formidable chance que nous avons de bénéficier de leur savoir-faire ».

Lorsqu’on demande à Arnold s’il a une idée de l’étape suivante dans ce parcours étonnant, il répond qu’il aimerait être formé au management pour bien accompagner son équipe, « j’ai toujours envie d’apprendre. »

 

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